La cité des espions

Berlin la moderne, la réunifiée ne peut panser son passé. 

Les cicatrices de cette histoire mouvementée restent visibles. Retournons en arrière et imprégnons-nous de cette époque où chaque passant était susceptible d’être un acteur de la guerre froide… Frissons garantis !

De sombres espions aux secrets encore plus noirs ont sillonné les rues de Berlin pendant tant d’années qu’ils ont clairement imprégnés les lieux.

Rien de plus symbolique que ce mur dressé sur plus de 40 km  en guise de signe tangible de la tension entre l’Est et l’Ouest : béton brut, fils barbelés, miradors pour un rideau de fer.

De chaque côté du mur, un balai incessant de diplomates ou de pseudo-diplomates, de stratèges militaires prêts à tout pour se préparer jusqu’à l’extrême : la guerre nucléaire.

Le 7ème art n’a pas eu grande peine à puiser dans la réalité de l’époque pour figer à l’écran de ténébreuses aventures à la poursuite d’une vérité.

Checkpoint Charlie

Cette guérite est une icône, plantée au milieu de la Friedrichstrasse, et animée des soldats armés qui manient avec précaution les barrières de ce poste frontière en pleine ville. Ils filtrent le passage de ces étrangers, parfois diplomates, passant de Berlin-Ouest à Berlin-Est.

C’est à cet endroit précis, qu’en octobre 1961, Américains et Soviétiques ont tenu un face-à-face de blindés pendant deux jours.

Teufelsberg

Qui se traduit comme la “Montagne du Diable” est approprié pour cet amas de débris de la seconde guerre mondiale. Son sommet a été occupé – ses ruines, 5 domes de radar, en témoignent – par le plus grand centre d’espionnage en Europe. Ce centre d’écoute de l’US National Security Agency occupait pas moins de 1.500 personnes pour capter, filtrer, analyser les communications radio de l’URSS, de l’Allemagne de l’Est et d’autres nations du Pacte de Varsovie.

Glienicke Brücke

C’est le lieux de tous les échanges. De nuit, avec un peu de brume : d’un côté comme de l’autre seuls des véhicules aux phares allumés déchirent la nuit. La scène est connue et reconnaissable entre toutes.

C’est le lieu par excellence pour passer la frontière entre le secteur américain de Berlin -Ouest et le bloc de l’Est. C’est là qu’en février 1962 furent échangés l’espion russe Colonel Rudolf Abel contre le pilote d’avion espion U-2 de reconnaissance américain abattu lors d’un survol de l’espace aérien soviétique. D’autres, moins connus, ont aussi foulé ce pont de leurs pas pressés pour recouvrir la liberté.

Stations fantômes

Durant les 28 ans pendant lesquels la ville fut divisée par le mur, les Berliniois de l’Ouest continuèrent à emprunter les transports en communs dont le métro. Serpentant sous terre, d’un côté comme de l’autre de la frontière, les wagons passaient dans des stations U-Bahn et S-Bahn du territoire de Berlin-Est. Sans jamais s’arrêter les trains ralentissaient sur leur passage et laissaient entrevoir les visages pâles des Berlinois de l’Est gardant le lieux : attachés dans une guérite de béton pour qu’ils ne s’enfuient pas en suivant les voies. . etDésertées mais gardées par ces Berlinois de l’Est, étaient désertées. Au-dessus, au niveau de la rue, les entrées étaient murées, les noms des stations enlevés et leur localisation sur les cartes impossibles. Une exposition retrace cette vie souterraine à la station Nordbanhof S-Bahn.

Musée de la Stasi

L’espionnage intense à Berlin n’était pas seulement motivé par la suspicion de l’Est pour l’Ouest et vice versa. L’Allemagne de l’Est, contrôlée par l’Union Soviétique et poussant l’ironie jusqu’à s’appeler république démocratique, espionnait ses proposes citoyens afin de juguler toute opposition. Le ministère de la sécurité nationale (Stasi) compte dans ses meilleures années pas moins de 91.000 employés et 173.000 informateurs  pour espionner au quotidien collègues, amis, famille, voisins… Ecoutes téléphoniques, enregistrements, censure du courrier et vidéo surveillance étaient pratiqués avec zèle. Le sinistre bâtiment du siège de la Stasi sur la Ruschestrasse, dont l’intérieur a été préservé, abrite désormais ce musée.

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Une capitale

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